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Bien s’alimenter pendant un traitement par GLP-1
Lorsqu’un traitement par sémaglutide ou par un autre agoniste des récepteurs du GLP-1 produit l’effet recherché, l’appétit diminue et les portions suivent généralement. C’est en partie ce qui rend la perte de poids plus accessible pour les personnes chez qui elle demeurait difficile malgré leurs efforts.
Or, les besoins de l’organisme ne diminuent pas au même rythme que les quantités consommées. Le défi consiste donc à maintenir une alimentation suffisamment nutritive avec moins de nourriture. Dans le cadre d’un traitement de l’obésité, cet aspect mérite autant d’attention que l’évolution du poids.
Les médicaments GLP-1 agissent sur les mécanismes qui contrôlent la faim. Ils peuvent prolonger la satiété, atténuer les fringales et ralentir la vidange de l’estomac ce qui prolonge la sensation de satiété. Ces effets facilitent la réduction de l’apport calorique, mais peuvent aussi restreindre la variété et la quantité d’aliments consommés.
Des recherches récentes ont relevé des apports inférieurs aux recommandations pour plusieurs nutriments chez des personnes utilisant ces médicaments, notamment les protéines, le fer, le calcium et certaines vitamines (1). Ces observations ne permettent pas de conclure que le traitement entraîne systématiquement une carence. Elles montrent plutôt l’importance de vérifier si l’alimentation répond toujours aux besoins.
La question se pose avec encore plus d’acuité lorsque des nausées, des vomissements ou de la constipation compliquent les repas ce qui peut avoir des conséquences nutritionnelles similaires à celles d’un apport alimentaire insuffisant, notamment en favorisant les carences nutritionnelles. Dans ce contexte, une assiette plus petite doit demeurer bien composée. Des aliments comme l’avoine, les légumes-feuilles, les poivrons et les petits fruits peuvent contribuer aux apports en vitamines, en minéraux et en fibres, selon la tolérance digestive.
L’hydratation doit aussi être surveillée. Boire suffisamment et augmenter les fibres de façon graduelle peut aider à maintenir une certaine régularité intestinale. Ces recommandations doivent toutefois être ajustées à votre état de santé et à vos symptômes.
Une diminution du poids corporel comprend habituellement une perte de graisse, mais aussi une certaine réduction de la masse maigre (2). Cette dernière ne se limite pas aux muscles : elle englobe également l’eau, les organes et les autres tissus non graisseux. On ne peut donc pas assimiler toute variation de la masse maigre à une perte musculaire équivalente. Préciser que la proportion de masse maigre perdue varie selon le contexte (ampleur et vitesse de la perte de poids, apport protéique, activité physique, âge, etc.).
La préservation des muscles limite la perte de masse musculaire, demeure néanmoins une priorité, notamment pour soutenir la force et la récupération. Un apport insuffisant en protéines peut rendre cet objectif plus difficile.
La meilleure façon d’intégrer les protéines dépend de ce que vous arrivez à manger. Elles peuvent provenir des œufs, du poisson, des produits laitiers ou des légumineuses. Lorsque les portions ne suffisent pas, une collation ou une boisson protéinée peut parfois compléter l’alimentation. Ce type de produit n’est cependant pas indiqué d’emblée pour tous les patients.
L’activité physique régulière joue également un rôle. Les exercices de renforcement, lorsqu’ils sont compatibles avec votre condition, peuvent contribuer au maintien de la masse maigre. Ni l’alimentation ni l’exercice ne permettent d’empêcher entièrement la perte musculaire pendant un amaigrissement. Ils font plutôt partie des mesures qui peuvent aider à la limiter (3).
La chirurgie bariatrique s’accompagne depuis longtemps de protocoles nutritionnels précis. Les traitements par GLP-1 ne bénéficient pas encore partout du même encadrement, même lorsqu’ils entraînent une réduction marquée de l’alimentation. Cette absence de suivi systématique constitue une lacune dans la prise en charge (5).
Une évaluation nutritionnelle permet de déterminer si les repas couvrent les besoins et si les symptômes digestifs nuisent aux apports. Elle peut aussi orienter la décision de demander des analyses sanguines. Une fatigue persistante, par exemple, peut avoir plusieurs explications et ne suffit pas à diagnostiquer une carence.
Il en va de même pour les suppléments. Leur utilisation devrait répondre à un besoin établi plutôt qu’être automatique. Un médecin ou un autre professionnel qualifié pourra déterminer si une modification de l’alimentation, une supplémentation ou une investigation supplémentaire est appropriée.
À la Clinique Michel Gagner, nous abordons la perte de poids dans son ensemble. Nos spécialistes et nos diététistes-nutritionnistes tiennent compte de votre alimentation, de votre état de santé et de votre réponse au traitement pour vous proposer un encadrement adapté.
Nos consultations médicales et nutritionnelles permettent de faire le point et d’établir un plan personnalisé. Nous évaluons aussi les patients qui envisagent une chirurgie bariatrique. Pour ces interventions, les services nutritionnels sont inclus pendant une période pouvant aller jusqu’à trois mois après l’opération.
Consultez nos tarifs et les services compris ou remplissez notre questionnaire de deux minutes pour préciser vos besoins et amorcer la démarche.
1. Johnson B, et al. Investigating nutrient intake during use of GLP‑1 receptor agonists: a cross-sectional study. Frontiers in Nutrition, 2025.
2. Karakasis P, et al. Effect of glucagon-like peptide-1 receptor agonists and co-agonists on body composition: Systematic review and network meta-analysis. Metabolism, 2025.
3. Sibal R, et al. Macronutrient, Micronutrient Supplementation and Monitoring for Patients on GLP-1 Agonists: Can We Learn from Metabolic and Bariatric Surgery?. Nutrients, 2025.